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Pourquoi porter un regard nouveau sur la retraite?

Présentation dans le cadre de l’ « Atelier sur la retraite », une activité du Collectif implique-action 55+ organisée dans la continuité du colloque d’avril 2015 ayant pour thème « Regard nouveau sur la retraite ».

Parce que la vie n’est pas, n’est plus (?) un long fleuve tranquille…

Le monde a changé

On sait davantage ce qui se passe ailleurs, l’information est omniprésente et continuellement mise à jour; on peut difficilement en faire abstraction et refuser de s’y adapter. Pour jouer pleinement leur rôle de citoyens et comprendre les grands enjeux qui touchent toutes les générations, il importe que les retraités restent intellectuellement actifs et conscients de la contribution qu’ils peuvent encore apporter à la société et dans leur entourage. 

La société québécoise  a changé, notamment dans les années 1960 : la Révolution tranquille, le féminisme, Expo 67… et ça se poursuit

Les retraités des dernières années ont vécu et ont bénéficié de cette période qui a donné naissance à la Révolution dite « tranquille » mais néanmoins porteuse de grands changements sociaux qui ont apporté un souffle rafraîchissant dans une société où l’influence du clergé était omniprésente. À titre d’exemples :

  • la création d’un ministère de l’Éducation (1964) et la transformation du système d’éducation (1967 et plus) : création des polyvalentes, des cégeps, du réseau de l’Université du Québec et de ses universités en région qui donnaient à tous les jeunes une plus grande accessibilité à l’éducation et aux études supérieures;
  • la montée du féminisme et les possibilités qui s’offraient tout à coup aux filles de développer leur plein potentiel et d’envisager des carrières professionnelles, au même titre que leurs frères (un long parcours semé d’embûches, cependant); 
  •  le refus des diktats du clergé, l’abandon de la religion (communautés religieuses, séminaires, églises qui se vident);
  •  la libération sexuelle qu’a apportée la contraception (1960 -  commercialisation de « la pilule » au Canada), la légalisation de l’avortement, le changement de mentalités à l’égard des filles-mères;
  • quelques années plus tard, ont suivi la montée et une certaine banalisation du divorce, la transformation de la notion de couple et de famille (les familles reconstituées, monoparentales, conjoints de même sexe, adoption internationale, procréation assistée, …)
  • et tout cela sans compter l’ouverture sur le monde qu’a suscitée l’Exposition universelle de Montréal (Expo 67 –  « Terre des Hommes ») et qui a donné naissance à un intérêt nouveau chez les jeunes pour partir à la découverte du « vaste monde ».
  • Nous avons changé –  hommes/femmes/enfants, tous nous sommes différents de la génération qui nous a précédés. Les retraités d’aujourd’hui sont plus instruits et plus informés, plus ouverts sur le monde, plus à l’aise financièrement, en meilleure santé et meilleure forme physique, jouissent d’une espérance de vie plus longue, d’une plus grande autonomie – bref, tout pour jouir de la vie sans trop de contraintes (mais pas tous malheureusement – on n’est jamais tous égaux dans la vie et à notre âge on le sait).

Que sont les retraités devenus?

  • Caricaturons un peu : le bingo, les téléromans que tout le monde écoute en même temps, le fauteuil berçant, la grand-mère qui tricote des mitaines pour ses petits-enfants,  les longues conversations au téléphone, le gars dans sa cave ou son sous-sol à « bizouner » on ne sait trop quoi ou à prendre une bière bien tranquille, l’entretien du terrain et des plantes vertes, les confitures et les marinades pour toute la famille, les pâtés à la viande pour tous et les beignes dans le temps des fêtes, la visite des petits-enfants le dimanche après-midi… ça existe encore dans les foyers de la nouvelle génération de retraités et de bien d’autres?
  • Un premier constat serait : un beau melting-pot qui rend les générali-sations bien difficiles. Il est de bon ton aujourd’hui de montrer du doigt la nouvelle génération de retraités du « baby-boom » (1946-1964, plus ou moins), qui « l’ont eue facile » et ça continue. Quoi qu’il en soit, boumeurs ou pas, peu importe…. quand arrive l’heure de la retraite, nous sommes toutes et tous face à l’inconnu : que faire de ce temps « libre », de ce statut de « retraités » qui nous caractérisent maintenant dans cette dernière tranche de vie?  
  • Une constante (pour sourire un peu): quand arrive notre 65e anniversaire (67e en 2023…), le gouvernement canadien nous souhaite un joyeux anniversaire et nous annonce qu’il nous versera une pension tous les mois, peu importe nos revenus. Notre chèque mensuel variera cependant en fonction de nos revenus (des sommes sont conservées pour payer nos impôts au cas où on oublierait de le faire…). 
  • Un étape personnelle de la vie, souvent choisie, parfois imposée : c’est quand, c’est quoi, la retraite? 
  • Que signifie « la retraite » pour les femmes qui sont restées à la maison? Un nouveau partage du territoire et des responsabilités? Un compagnon plus présent pour bien occuper ses journées? Pour les personnes qui sont seules, comment la concevoir cette retraite? 
  • Retraite=retrait de la vie active? ou De quoi nous retirons-nous à la retraite?  Ne serait-ce pas plutôt un temps privilégié pour re-traiter sa vie afin qu’elle nous convienne davantage et mieux profiter de cet âge d’or qu’on nous a fait miroiter en même temps que la « liberté 55 »? 

Quels sont les défis de la retraite, mais aussi du vieillissement - on découvre les deux pour la première fois et en même temps. Y sommes-nous bien préparés?

  • Est-ce si facile de : Vivre sans horaire? Sans agenda? En couple 24 heures par jour? En solo toute la journée? Voir son corps vieillir, son esprit ralentir, ses forces diminuer, ses capacités sexuelles s’atténuer? S’habituer aux nouvelles technologies, suivre le rythme du changement? Observer ses petits-enfants confrontés (victimes ou responsables) au harcèlement, à l’intimidation, à l’hypersexualisation, à un langage souvent dégradant pour les filles?  Voir la société se préoccuper et se désoler de notre « vulnérabilité » MAIS rarement de notre opinion de citoyen?
  • Que faire pour bien « remplir » ses journées? Du bénévolat, de l’aide humanitaire? Étudier? Voyager? Faire du sport? Éviter l’hiver? Se réaliser dans un projet personnel? Assumer les tâches de proche aidant/aimant? Être constamment disponible pour ses proches? Faire de la place et donner plus d’importance à ses amis?
  • La question qui tue… donner du sens à sa vie et atteindre un équilibre, rester partie prenante de la société, semer du bonheur autour de nous, faire en sorte que nos enfants aient une vision positive du vieillissement – ils semblent en voie d’en avoir une de la retraite – est-ce possible et comment y arriver?

D’où l’importance de « jeter un regard nouveau sur la retraite » - on n’est pas sortis de l’auberge, mais on peut toujours s’amuser dans une auberge et y trouver ce qu’on cherche… Le Collectif s’y emploie et compte sur votre collaboration pour y arriver… Version pour imprimer (330.46 Ko).

 Diane Duquet, membre du conseil d’administration
5 novembre 2015

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Date de dernière mise à jour : 11/08/2016