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gouvernement fédéral

Ottawa doit honorer, immédiatement et sans délai, sa promesse de reprendre le pont de Québec

Par Le 01/03/2019

Le Canadien National (CN) veut s’en départir car  les coûts d’entretien rendent son opération déficitaire. Les coûts croissants de sa remise en état sont devenus prohibitifs. La structure sans peinture continuera de rouiller.

Le modèle de gestion actuel, sans responsabilité ultime, ne permet pas le financement des travaux. Ottawa possède toutes les expertises pointues, les mandats historiques et les intérêts économiques pour justifier sa reprise du pont de Québec.

Le doute concernant la sécurité du pont s’est installé dans la population malgré les déclarations politiques bien rassurantes.  Sans véritable responsable pour ce pont, les risques à moyen terme et le flou quant aux normes modernes pertinentes aux accidents et catastrophes naturelles continueront d’inquiéter la population.

L’avenir du pont de Québec demeure toujours très douteux. Cela pendant que la pression du développement régional pour le trafic automobile et de nouveaux services de transport ne cessent de croître.

Lire le texte publié par le Groupe l'avenir du pont de Québec.

Pour régler le dossier du pont de Québec une fois pour toutes

Par Le 07/07/2016

Ceci fait suite à l’éditorial du 4 juin 2016 de M.Pierre Asselin paru dans le journal Le Soleil relatif au pont de Québec et intitulé « C’est la confusion qui est corrosive »​.

Si nous comprenons bien son propos,M.Asselin estime que le vrai problème du pont de Québec en est un d'organisation où tous les intervenants se renvoient la balle plutôt que de faire face ensemble à la réalité. Ceux­ci évitent de prendre une position commune, d’assumer ensemble les risques et de faire procéder à la mise à niveau de la structure. Or, ce sont les démarches que notre groupe préconise depuis le début de notre implication dans le dossier; pour s’en convaincre, le lecteur peut consulter les pages du Groupe Avenir du pont de Québec.

Toutefois, il faut reconnaître aussi le fait que la structure du pont de Québec n'a pas été entretenue de façon complète depuis 1980 puisque la majorité des membrures principales n’ont reçu aucune protection efficace contre la corrosion depuis cette date. Ce manque d’entretien risque d'avoir créé une situation ou le pont pourrait être devenu irrécupérable pour une utilisation à long terme; tant techniquement qu'économiquement.

L'objection du CN à ce sujet est à l’effet qu'ils ont une entente avec le gouvernement du Québec garantissant une utilisation de 30 ans de la structure à compter de 2014 avec le type d'entretien actuel. Toutefois en y regardant de plus près, il nous apparaît que cette entente n'est ferme que pour 10 ans au niveau des coûts et qu’elle contient aussi une clause à l’effet qu’elle peut être annulée avec un avis de 180 jours advenant que les coûts soient augmentés de plus de 10 millions de dollars. Aussi bien convenir alors que cette entente n'existe pas et que nous laissons collectivement la structure décider par elle-même de son sort. Cette situation est très bien décrite d'ailleurs par Annie Morin dans son article paru également dans Le Soleil du 4 juin dernier.

Sachant que le pont de Québec est une structure isostatique où certaines pièces essentielles à son intégrité sont très difficiles à remplacer, nous comprenons assez bien la position du CN; mais ce n'est pas très rassurant pour les gouvernements qui comptent sur ce lien pour implanter des infrastructures comme le Service Rapide par Bus (SRB) ou l'élargissement de l'autoroute Henri IV et même l’agrandissement du port de Québec.

Pour ces raisons, nous exhortons les gouvernements à la prudence et nous leur suggérons fortement de former un groupe de travail chargé de faire réaliser les études appropriées avant de se lancer tous azimuts dans une réfection complète du pont. Ces études pourraient comprendre :

  1. Un relevé précis et détaillé de l'état actuel du pont comprenant la mesure de profondeur de la rouille, l'étendue des microfissures , déformations et autres anomalies.
  2. Une modélisation de la structure dans son état actuel soit comprenant les membrures diminuées par la rouille, les amorces de fissures, déformations et autres anomalies. Une telle modélisation pourrait constituer le point de départ d’une solide évaluation de l’état du pont permettant de projeter ou non une réhabilitation valable à long terme.
  3. L'établissement de scénarios d’entretien qui assureraient une durée de vie fiable du pont à moyen et long terme. Ces scénarios devront comprendre et être comparés en considérant les coûts de correction, les coûts annuels d’entretien, la durée de vie sécuritaire, les coûts d’une démolition éventuelle et d’une solution de remplacement et, également les possibilités aux niveaux utilitaire patrimonial et touristique.
  4. La proposition d’un scénario optimum et d'une organisation solide capable d'assurer la réalisation des travaux choisis.

Les fonds requis pour la création du groupe de travail et la réalisation de telles études devraient être puisés à même le montant de 75 millions de dollars offert par le Gouvernement fédéral . Malgré que nos recommandations portent sur des études préalables et que la population et les élus régionaux visent probablement des actions plus concrètes, nous croyons que c'est un passage obligé pour orienter de façon sérieuse et définitive le dossier et ensuite passer à autre chose. Article publié aussi dans Le Soleil du 6 juillet 2016.

Gérard Bureau, ex-administrateur public et privé
Michel Duguay, professeur en génie électrique, Université Laval
Jean Hémond, ingénieur en mécanique retraité et photographe
Georges Lacroix, ex-homme d’affaire beauceron diplômé de Harvard
Carl Lavoie, archéologue
Gilbert Tessier, ingénieur en électricité et cadre retraité d’Hydro­Québec
Lucien Viel, ingénieur civil spécialisé en structure, co-fondateur de Génivar, aujourd’hui WSP

De l'espoir pour le Sénat

Par Le 23/12/2015

Le premier ministre, en établissant un Comité consultatif indépendant sur les nominations au Sénat (CCINS), va formaliser le processus qui lui proposera des candidats pour être sénateurs.

Le cœur de ses préoccupations pour le Sénat est qu'il devienne non partisan. Nous vivons un rare moment en politique canadienne où un premier ministre idéaliste tente de faire la bonne chose au lieu de suivre les idées reçues de la plupart des autres politiciens. Espérons que cela va durer.

La meilleure façon d'avoir des sénateurs non partisans est de s'assurer que le CCINS soit composé de membres qui sont d'éminents Canadiens, eux-mêmes non partisans. Nous avons deux immenses bassins de telles personnes: les récipiendaires de l'Ordre du Canada et ceux qui se sont vus octroyer un doctorat honoris causa par une université canadienne. Je suis certain que des lecteurs pourront trouver d'autres groupes similaires desquels pourraient provenir des candidats pour le CCINS. Il y a certainement parmi ces personnes quelques unes qui n'ont jamais fait de politique et qui se proposeraient pour siéger au CCINS. En ne considérant que les candidatures de personnes provenant de ces groupes, nous avons de bonnes chances de minimiser les manœuvres de coulisses.

Puisqu'un gouvernement provincial non partisan ça n'existe pas, aucun gouvernement provincial ne devrait participer au choix des membres du Comité.

Il y aura certainement plus de candidats que de postes disponibles. La meilleure façon de garantir la légitimité des candidats retenus serait de les choisir par tirage au sort. Cette forme de sélection pour des postes politiques et administratifs est une ancienne technique qui élimine tout lien possible entre des groupes influents et la personne choisie. Elle ne doit rien à personne et personne ne peut avoir influencé le choix.

Quelqu'un qui désire servir sur le CCINS ne devrait avoir aucune réticence à ce que son intention soit rendue publique et que tous puissent communiquer leur point de vue sur la chose. Un processus transparent est le meilleur moyen d'en garantir l'intégrité. Si un candidat n'est pas retenu, ce sera à cause du hasard et non parce qu'il a été rejeté par rapport aux autres. L'argument que la liste initiale des candidats doit être tenue secrète pour éviter l'humiliation possible après un rejet est un artifice invoqué pour procéder dans l'ombre. Le processus de sélection pour faire partie du CCINS n'est pas une entrevue d'emploi conventionnelle, c'est une occasion de servir son pays. Tout devrait se passer à la lumière du jour.

Inévitablement, il pourrait y avoir un préjugé résiduel présent dans le choix initial des candidats avant le tirage au sort, mais il faut bien commencer quelque part. Par la suite, le CCINS pourrait se charger lui-même de choisir les successeurs.

Dans un article à venir, je montrerai qu'élire le Sénat ou l'abolir sont toutes deux des façons simplistes d'améliorer notre système parlementaire. De toute façon, depuis que la Cour suprême a publié son Renvoi relatif à la réforme du Sénat en 2014, nous savons que ces changements ne sont pas pour demain. Néanmoins, il demeure que nos institutions sont beaucoup plus flexibles qu'on le pense d'habitude. La Constitution définit un récipient sans trop spécifier son contenu. Il n'y a aucune obligation constitutionnelle que le Sénat soit partisan. Il l'est devenu par choix. C'est le résultat d'une culture politique particulière. Nommer au Sénat des personnes non partisanes est un premier pas pour lui permettre de faire évoluer sa culture d'entreprise. Ni le Gouvernement ni les Communes ne peuvent dire au Sénat quoi faire. Les sénateurs doivent trouver eux-mêmes leur voie.

Bien que toutes les compagnies au Canada soient gouvernées par les mêmes lois, c'est leur culture qui détermine la qualité de leurs produits et services. De même, le Sénat, tel que spécifié par la Constitution, peut faire évoluer sa culture de l'actuelle partisanerie rigide en une culture non partisane consacrée au bien-être à long terme du Canada. C'est à eux qu'échoit la responsabilité d'explorer les idées et les politiques en raisonnant d'une façon factuelle et objective pour complémenter la pensée limitée et partisane nécessaire dans la politique du pouvoir. Nous ne pouvons, pour l'instant, changer la structure du Sénat, et ce serait peut-être contre-indiqué, mais nous pouvons en changer sa composition et espérer que les sénateurs feront évoluer leur culture d'entreprise pour qu'elle puisse réaliser le plus possible ses possibilités élevées. Ils pourront alors mériter pleinement le titre d'honorable qui veut dire se comporter d'une façon honnête, juste et responsable.

Alain Miville de Chêne, membre du Groupe Gouvernance et démocratie

Publié ce 23 décembre 2015 sur le Huffington Post.