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Le pont de Québec. Un lien capital : conclusion

Création d’une corporation indépendante 

Une constatation évidente s'impose à la suite de l'analyse exprimée dans ce document. Nous percevons un problème organisationnel d'envergure : aucune organisation ne veut prendre à sa seule charge une responsabilité face à la remise à neuf du pont de Québec, à son entretien et à sa mise en valeur. Selon le Groupe avenir du pont du Québec (APQ), la raison en est fort simple : chaque intervenant a des vue et des besoins différents et, par conséquent, aucune priorité majeure n'y est préconisée sauf un entretien minimum.

Par exemple, nous pouvons citer les propos du premier ministre Stephen Harper qui y est allé de la boutade suivante « Il n'est pas encore tombé ce pont. » Ensuite, sur le site Web du Canadien National (CN), il est clairement exprimé que ce dernier se considère comme un utilisateur minoritaire du pont deQuébec. Aussi, dans un article d'Annie Morin du 14 mai 2014 dans Le Soleil, il est rapporté qu'au procès opposant le CN au gouvernement fédéral, son pdg, M. Claude Mongeau, a même déclaré que selon lui, le « Québec devrait absorber environ 80 % de la facture » d'entretien. Comme trosième exemple, revenons à l'entente à court terme (10 ans) que le ministère des Transports du Québec a signé avec le CN, dans le quel il n'est aucunement question de protection à long terme de la structure ni de sa mise en valeur.

Pour pallier ce problème structurel de base, l'APQ propose que le pont de Québec soit cédé à une corporation indépendante dont la propriété serait divisée entre les organisations susceptibles de s'y intéresser de plus près et de contribuer économiquement :

  • le Gouvernement du Québec devrait y être présent par ses ministères des Transports, de la Culture et du Tourisme, pour représenter les usagers routiers ainsi que la valeu historique et patrimoniale;
  • le CN, pour le passage des trains de marchandises;
  • le Gouvernement du Canada par ses minist`res des Transports et du Patrimoine canadien, pour les liens internationaux que le pont permet, pour la valeur historique et patrimoniale et, enfin, pour l'usage par VIa Rail des trains de voyageurs;
  • les municipalités de Lévis et de Québec pour le transport collectif entre les deux municipalités, le passage des piétons et des cyclistes et l'attraction touristique qu'une structure comme celle-là peut générer;
  • enfin, quelques sièges devraient être réservés à des représentants indépendants de la population.

Ces diverses organisations formeraient un conseil d'administration semblable à ceux d'entreprises privées ou d'organismes à but non lucratif, où les droits de vote seraient octroyés selon des modalités à venir.

La mission de cette corporation se développerait en deux volets :

  • remettre à neuf la structure endommagée par les âges, si c'est encore possible, et l'entretenir convenablement dans le futur;
  • mettre en valeur et protéger ce patrimoine et assurer son utilisation sécuritaire.

Avec cette mission claire, nous obtiendrions certainement de meilleurs résultats. De plus, une collaboration pourrait s'établir avec l'Université Laval qui a offert par le passé de réaliser des projets de recherche sur les divers aspects du maintien sécuritaire d'une telle structure. Elle se butte à un refus du CN.

Un lien capital démontre la valeur inestimable du pont de Québec qui détient toujours le record du plus long pont catilever au monde. Il l'analyse comme sybole patrimonial digne d'estime et ouvre quelques avenues de développement comme la création d'un centre d'interprétation, un bon rafraîchissement esthétique accompagné d'un éclairage à sa mesure, en vue du prochain centenaire. Une campagne de promotion bien articulée s'impose alors pour rebâtir son image et promouvoir ces nouveaux atttraits auprès de la population et des touristes.

Dans un second temps, à la suite d'analyses des données accessibles actuellement, Un lien capital pose de nombreuses questions sur de multiples aspects : son état physique, son entretien, ses inspections, sa sécurité, sa fiabilité, sa durée de vie, son potentiel d'utilisation dans les années à venir. Il propose une vision à 360 degrés de l'ouvrage, incluant la gouvernance, l'économie, l'ingénierie, la culture et le patrimoine, associée aux préoccupations d'ordre environnementales et de développement durable.

Il scrute enfin sa fonction utilitaire comme passage obligé polyvalent indispensable entre les deux rives du fleuve au niveau de Lévis et de Québec, de m^me qu'un éventuel apport commercial, évalué à plus de 30 millions $ annuellement, en démontrant son potentiel comme lien ferroviaires, routier, cycliste et pédestre. L'injection de quelques millions de dollars annuellement y est donc parfaitement justifiée.

Nous avons entre les mains un outil majeur de développement tant sur le plan historique et patrimonial qu'économique et touristique. Sous-utilisé et mal entretenu, ce bijou risque de se détériorer jusqu'à la ruine, éventuellement sa démolition pure et simple, ou pire encore son effondrement. Il est grand temps de s'en occuper sérieusement pour lui redonner, si c'est encore possible, toute sa valeur à la face du monde et, pour en faire un véritable élément de fierté dans la concertation et la transparence plutôt que dans la confrontation. Une logique implacable devrait s'imposer : en bout de ligne, au lieu d'engloutir tous ces millions dans des frais juridiques exagérés, pourquoi ne pas s'entendre entre les parties pour ajouter ces sommes à celles déjà prévues pour une réfection majeure tant structurelle qu'esthétique.

Une vision globale, et à long terme, s'impose donc et nous espérons que notre réflexion citoyenne, qui n'est motivée par aucun intérêt partisan ou économique, soit utile. Il faut bien comprendre que notre travail est basé sur les informations disponibles actuellement et s'est élaboré avec les compétences respectives des membres de l'APQ. Nous proposons qu'il soit complété par un groupe de travail réunissant des intervenants spécialisés, afin d'en élargir et d'en préciser la perception, et d'établir les paramètres (logistiques et budgétaires) propices à la création de la corporation que nous proposons.

En ce qui concerne l'APQ, il continuera son action de sensibilisation jusqu'au moment où il percevra que le dossier est pris en mains correctement. Toute personne désireuse d'apporter sa contribution à la poursuite de notre démarche est invitée à nous joindre. Tout apport constructif supplémentaire sera le bienvenu et servira à alimenter le processus de réhabilitation du pont de Québec.

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Date de dernière mise à jour : 01/08/2016