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Conférence à l'Ordre des ingénieurs du Québec, région Chaudière-Appalaches, 2 février 2016

Présentation de Gilbert Tessier

Bonjour à tous,

D’abord merci à M. Laganière de nous donner l’occasion de vous rencontrer aujourd’hui et de vous faire part rapidement de notre vision du dossier du pont de Québec. C’est un beau défi qu’il m’a donné soit de vous résumer en 15 minutes les 2 ans de travail de notre groupe et aussi de l’évolution du dossier du pont de Québec. Mais notre groupe aime les défis et je vais tenter de faire ça le mieux possible.

 Faut dire d’entrée de jeu que nous respectons au plus haut point le travail fait par M. L’Hébreux et que c’est à la suite de ses présentations au Collectif implique-action 55+ que nous avons formé notre groupe.

Les membres du Groupe avenir du pont de Québec présents ici :

  • Gérard Bureau, ex-administrateur dans le privé et le public,
  • Michel Duguay, physicien et professeur en génie, Université Laval,
  • Jean Hémond, ingénieur mécanique à la retraite,
  • Lucien Viel, ingénieur civil spécialisé en structure.
  • Il y a aussi Alain April, un ex-membre très actif qui nous a quitté pour donner davantage d’énergie à d’autres dossiers. Il faut dire aussi qu’Alain est à l’origine de la création du Collectif. Un ex-homme d’affaires beauceron, M. Georges Lacroix est présentement en Floride et enfin Carl Lavoie, un archéologue est au travail aujourd’hui. Vous voyez que c’est un équipe aux talents variés, ça a cliqué dès le début et je suis très fier de travailler avec ce groupe qui est très supportant. Nous manquons nécessairement d’une ou plusieurs femmes dans le groupe mais nous n’avons pu en trouver. Ça a des effets!!! Diane Duquet (ex-vice présidente du Collectif) est venue à l'une de nos rencontres et m’a dit que les échanges étaient plutôt virils). Enfin!! Chacun a amené des éléments qui font que nous avons pu réaliser les actions suivantes.

Qu’avons-nous fait?

Nous avons commencé des recherches qui se sont avérées ardues, et le sont encore, auprès de certains intervenants, notamment le CN, mais néanmoins le 21 août 2015, nous avons fait une conférence de presse et présenté un document de 55 pages intitulé Un lien capital qui décrivait le pont vu sous plusieurs aspects, posait plusieurs questions et proposait diverses solutions dont la principale était qu’il soit cédé à un corporation indépendante financée par les divers intervenants. 

Par la suite, le dossier a été pris en charge par les maires et nous avons suivi le déroulement des événements en faisant des suggestions à l’occasion, notamment de nommer un médiateur.

En parallèle, notre groupe s’est enrichi de personnes plus près du génie civil : Lucien Viel et Jean Hémond. Nous consultons aussi Mario Fafard, professeur de génie civil à l’Université Laval, ce qui nous aide à mieux comprendre la problématique au plan technique. J’espère que j’ai bien appris la leçon !!!! Sinon, je suis à la bonne place pour me faire reprendre! Il y a certainement plusieurs ingénieurs en structure dans la salle et messieurs Viel, Fafard et Hémond sont là aussi!!!

Deux constats majeurs

  1. La peinture du pont a plus qu’un but, essentiellement esthétique, tel que véhiculé par les journaux et certains intervenants. En effet, ce qu’on appelle peinture consiste en le nettoyage à nu du métal, le recouvrement de celui-ci par deux couches d’enduit protecteur et ensuite une couche de peinture pour des fins esthétiques. La préparation de la surface et la pose des deux premiers enduits constituent certainement une bonne partie des coûts de l’opération mais assure la protection du métal contre la rouille et donc de l’affaiblissement de celui-ci. Dans le cas du pont Le Forth en Écosse, la garantie est de 25 ans. De toute façon, dire que la peinture est essentiellement esthétique ne tient pas la route. Alors pourquoi l’acier galvanisé, l’acier inoxydable et même la peinture époxy ont-ils été inventés? Des inventions qui n’étaient pas là ou n’étaient pas encore utilisées lors de la construction du pont de Québec (dans ce temps-là, on protégeait le métal une fois installé). 
  2. Le pont de Québec est une structure isostatique, ce qui fait que ne pas protéger le métal risque de diminuer sensiblement la durée de vie du pont et aussi qu’avant de procéder à la protection de celui-ci, il faut s’assurer que les éléments essentiels ne risquent pas de devenir défectueux avant d’être protégés. En effet, les caractéristiques d’une structure isostatique, si j’ai bien compris ma leçon, c'est qu’une structure comme celle-là dépend pour son intégrité d’éléments essentiels qui sont difficiles, voire quasi impossibles à remplacer. Si l'un  de ces éléments venait à perdre ses propriétés, le pont devra être condamné. Ceci veut dire aussi qu’un pont comme celui-là doit être suivi de façon très serrée, inspecté régulièrement et « monitoré » par un système informatique appelé modélisation. Ça veut dire aussi que si l'un seul de ces éléments est trop détérioré ou risque de l’être avant d’être protégé, il se peut qu’il y ait beaucoup d’argent investi en protection (peinture) en pure perte.

Notre analyse

Ces deux constats ont fait  que notre groupe propose que les décisions d’ingénierie et d’entretien comme la pose d’enduit protecteur et de peinture ne soient prises qu'à la suite de relevés exhaustifs des  détériorations (rouilles, fissures, etc.) sur les éléments essentiels et une analyse structurale complète. Le fait que pour le pont de La Forth en Écosse, un pont ayant les mêmes caractéristiques que le pont de Québec, la même procédure a été suivie et nous rassure à ce sujet.

À partir des résultats de cette étude, notre groupe a préparé des documents pour proposer comment pourrait se dérouler la suite des choses. Je n’entrerai pas dans le détail de ces propositions mais je vous en reparle un peu plus tard.

Qu’avons-nous fait par la suite?

Ce que l’Ordre ou les ingénieurs peuvent faire pour aider

  • Faire de la promotion pour qu’un monument du génie civil comme ce pont soit entretenu de façon optimale et offrir une aide pour que les négociations se fassent sur des bases techniques solides. 
  • Veiller à ce que les décisions d’ingénierie et d’entretien  qui sont prises le soient à la suite des relevés exhaustifs des détériorations (rouilles, fissures, etc.) et une analyse structurale complète. C’est-à-dire, nous appuyer dans notre proposition à cet effet.
  • En fait, nous croyons que si l’équation est claire, les décisions seront plus faciles. M.Viel a dit une parole sage (personne ne conteste la loi d’Ohm).

Conclusion

Si vous avez des questions ou réactions spontanées, nous vous écoutons avec plaisir. À noter que M. Viel est là ainsi que les autres membres du groupe pour m’aider à répondre à vos questions et recueillir vos commentaires et suggestions. Notre groupe assistera à la conférence de M. L’Hébreux et nous serons là à la fin si certains ou certaines d’entre vous avez des commentaires ou suggestions ou même encore plus avez le goût de vous impliquer avec notre groupe et s’assurer que notre région ne passe pas à côté de quelque chose d’important.

Merci de votre attention.

Cadre décisionnel proposé par le Groupe avenir du Pont de Québec (APQ), 12 novembre 2015

Établissement de l'état actuel du pont par la modélisation mathématique 3D de sa structure et de ses charges

  • Modéliser la structure du pont comme lors de sa conception puis inclure les modifications plus récentes comme par exemple le tablier pour la circulation automobile et le réaménagement des voies ferroviaires.
  • Faire un relevé quantitatif des dommages causés par la rouille, les fissures, les déformations hors tolérance et les autres modifications, cela avec de l'instrumentation moderne. S’attarder aux parties des membrures les plus affectées et celles qui sont les plus sollicitées.
  • Introduire dans le modèle informatique de la structure originale les résultats des relevés de façon à déterminer les membrures qui pourraient être déficientes et suggérer les travaux correctifs appropriés si possible.
  • S’assurer de la marge de manoeuvre que la structure offre pour supporter les charges appliquées et ceci en respect des normes.

Scénarios économiques pour optimiser l'usage et l'entretien

Scénario d’entretien minimal (actuel) : remplacement ou renforcement des membrures rouillées ou déformées sans programme de peinture

  1. Ce scénario est le prélude à une réparation plus exhaustive.
  2. Les membrures principales sont difficiles, voire quasi impossibles à remplacer (structure isostatique). Ceci pourrait avoir un impact sur la durée de vie du pont.

Scénario de réparation complète qui consiste à :

  1. Enlever la vieille peinture et amener au métal.
  2. Remplacer ou renforcer les membrures rouillées ou autrement endommagées.
  3. Appliquer un apprêt et un revêtement d’époxy protecteur.
  4. Appliquer une peinture pour l’aspect esthétique.

Les éléments suivants devront être considérés dans la comparaison et le choix éventuel du scénario optimum : les coûts de correction, les coûts annuels d’entretien, la durée de vie, les coûts d’une démolition éventuelle et d’une solution de remplacement, les possibilités aux plans utilitaire, patrimonial et touristique.

Programme de mise en valeur de niveau international

  • Le pont de Québec présente un potentiel élevé de rentabilité comme équipement touristique. On pourrait, avec un investissement raisonnable, lui  donner une visibilité comparable à la Tour Eiffel et supérieuer à celle du pont de la rivière Forth.
  • La construction du pont et ses caractéristiques en font encore aujourd'hui « un monument du génie civil ».
  • Le pont a été important dans le développement des transports maritimes et ferroviaires de l'économie canadienne et demeure encore un élément essentiel pour l'économie régionale.
  • Maintenant, outre sa mission ferroviaire, le pont de Québec est un lien routier important entre Lévis et Québec. Il offre également un lien cycliste et pédestre entre les deux villes.
  • Équipement de loisir : le premier objectif peu coûteux serait de construire et d'aménager une nouvelle piste cyclable et pédestre sécuritaire reliant les pistes et les parcs régionaux.
  • Point d'observation : il faut faciliter l'accès en hauteur pour observer le paysage,  les navire,s les marées, les courants et les glaces. Pour cela, il est recommandé de construire un observatoire vitré sur le haut d'un pilier.
  • Icône touristique : pour cela, il faudrait investir dans une illumination originale et éclatante du pont  Puis, introduire la nouvelle image du pont dans les programmes de publicité existants.
  • Centre d'interprétation : comme pivot et accueil pour les visiteurs, on pourrait aussi construire un édifice regroupant des expositions sur le pont, sa construction, son histoire, son rôle prépondérant dans le développement du génie civil, son rôle dans le développement de l'économie québécoise et canadienne,  la navigation, les glaces, les brise-glaces, le chemin de fer et les routes.
  • Afin de coordonner ces différents volets,  nous suggérons de confier cette mise en valeur ainsi que sa promotion à la SEPAQ; (Aquarium de Québec) cela en collaboration avec d'autres organismes fédéraux et inter-municipaux.

À la suite de ce constat, il sera possible d’établir les responsabilités et les intérêts afin de quantifier et répartir des engagements financiers

Le Groupe avenir du pont de Québec veut représenter le public à titre de partie prenante aux discussions et décisions concernant ce projet. Le groupe APQ, composé de gens d'expérience dans divers domaines, a conservé tout au long des débats, un réalisme et un intérêt indéfectibles favorisant une médiation pour en arriver à une solution rentable.

Proposition d’une structure organisationnelle et d’un mode de fonctionnement d’un groupe de travail qui serait formé pour solutionner à long terme le dossier du pont de Québec

Formation d’un Comité directeur (décideurs) composé de :

  • Ministre des Transports du Canada;
  • Président du CN;
  • Ministre des Transports du Québec;
  • Ministre du Patrimoine du Canada;
  • Les maires des 2 villes (Québec et Lévis);
  • Un représentant du public.

Pré-requis

Les membres de ce comité directeur acceptent que leur entreprise ou leur gouvernement s’engagent à mettre en commun toutes les données qu’ils possèdent sur le pont. Ex: rapports d’inspections, modélisation, rapports d’expertise et autres études.

Ils acceptent d’allouer et de partager un budget de départ pour faire réaliser des études et faire une proposition à long terme sur l’entretien et la mise en valeur du pont.

Formation d’un Groupe de travail

Le comité directeur établit un mandat et nomme un responsable pour faire faire les études nécessaires et faire une proposition à long terme sur l’entretien et la mise en valeur du pont. Chaque membre nomme un représentant ayant pour mandat d’aider ce responsable dans la réalisation de ce mandat, ce qui formerait le Groupe de travail.

Mode de fonctionnement du Groupe de travail

Le groupe de travail, dans la réalisation de son mandat, devra s’assurer que le choix des firmes de consultants, pour faire les études, fasse l’objet de consensus et que les montants alloués, s’ils sont importants, soient entérinés par le comité directeur.

Les recommandations faites au comités de décideurs devront aussi faire l’objet le plus possible de consensus.

Naturellement, des rapports d’étapes et des approbations partielles pourront faire l’objet d’échanges entre le comité directeur et le groupe de travail.

Mise en place des recommandations

À la suite des études et des recommandations du groupe de travail, les coûts, implications et opportunités seront connus. À la suite de leur approbation, il sera possible pour le comité directeur de partager les coûts, nommer un maître-d’oeuvre et faire réaliser les travaux.

Proposé le 3 décembre 2015

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Date de dernière mise à jour : 03/10/2016