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Mémoire : consultation sur le Schéma d'aménagement et de développement de l'agglomération de Québec

Grande marche festive pour les terres agricoles autour des terres des Soeurs de la Charité, le samedi 10 juin, 10 h

Invitation

Grande marche 350L'événement vise à célébrer la valeur nourricière de nos terres. Cette grande marche festive se veut une démonstration de l’importance d’agir avant que soit complété le processus de révision du Schéma d’aménagement de l’Agglomération de Québec. 

Le point de départ se trouve au 1255, boulevard Louis XIV (ancien Centre jardin Hamel). La marche est de 3, 5 kilomètres ou d'une heure trente minutes. Voir l'invitation de Voix citoyennne (1.06 Mo) et voir le trajet (228.9 Ko).

Pourquoi préserver ces terres en plein coeur de Québec?

Saviez-vous que ...

  1. Il faut de 5 000 à 7 000 ans pour produire les 40 centimètres de sols arables qui seraient sacrifiées?
  2. Les 200 hectares de terres agricoles des Sœurs de la Charité sont parmi les plus fertiles de la région de Québec?
  3. La zone agricole représente un patrimoine exceptionnel au potentiel de développement unique pour une économie verte diversifiée, dynamique et branchée sur les besoins de base de notre population?
  4. Nos terres agricoles représentent un avantage stratégique majeur pour le mieux-être de notre population, notamment en matière de sécurité alimentaire, de santé et d’atténuation des dommages liés aux changements climatiques?
  5. L’agriculture biologique de proximité est de plus en plus considérée comme une des composantes incontournables des villes du XXIe siècle?
  6. Ces terres irremplaçables feraient l’envie de toute ville branchée sur l’avenir?

Tant de possibilités pour en faire un projet de société concret et visionnaire

Ce projet à développer sera porteur d’un rayonnement international en développement durable pour Québec.

Dans un monde de plus en plus asphalté, les terres agricoles ont une valeur intrinsèque, qui doit être davantage prise en compte et être évaluée, économiquement, par les chercheurs. Ensemble, cherchons à préserver ce trésor, un héritage d’une valeur inestimable des générations de défricheurs et de cultivateurs qui nous ont précédés. Sortons nos terres agricoles de la spéculation foncière. Pétition de l'UPA.

Rapport de consultation et présentations du 2e projet, 13 au 16 juin 2017

La Commission consultative sur le schéma d'aménagement et de développement a déposé le 9 mars 2017 le rapport de consultations publiques sur le premier projet de Schéma d’aménagement et de développement révisé (SADr) et annonce les dates des consultations réglementaires sur le second projet, qui auront lieu ce printemps. Dates à retenir.

De l’ONU à l’agglomération de Québec, un territoire aménagé à échelle humaine, une nature à faire renaître en ville : introduction

L’aménagement du territoire a une grande incidence dans la vie des gens, particulièrement  dans celle des aînés et peut même remettre en question leur capacité à garder ou non leur résidence familiale, un avoir précieux. En effet, dans un aménagement du territoire où la voiture a priorité - il arrive même que dans certaines banlieues, il n’y ait pas de trottoir -  et où les horaires des transports en commun sont faits en fonction des travailleurs, la liberté des aînés de sortir en après-midi à pied ou en transport en commun peut être sérieusement compromise, les rendant captifs de leurs maisons ou dépendants de leurs proches.  Pourtant, l’impact du pouvoir économique des aînés n’est pas à négliger. Ils pourraient à eux seuls faire la différence entre le commerce de proximité dynamique de jour ou pas.

L’aménagement du territoire doit donc pouvoir répondre aux besoins de toutes les couches de la société. Autant des aînés que des jeunes familles qui n’ont qu’un seul véhicule, ou pas de véhicule du tout, et des ados qui ont besoin d’espaces où ils pourront avoir des loisirs et rencontrer leurs amis dans des lieux sécuritaires et visibles, après l’école, près de chez eux. Livrepaysageurbain 500

De plus, avec ce que nous savons au sujet des changements climatiques, il est important de trouver des mesures pour s’y adapter et cette adaptation a beaucoup à voir avec l’infrastructure verte du territoire, pour réduire les îlots de chaleur, contenir les eaux pluviales, capturer le carbone, améliorer la qualité de l’eau potable et favoriser la biodiversité. Ce besoin de répondre aux changements climatiques est l’occasion ultime de notre millénaire de créer une autre renaissance. Il y en a eu une au XVII ième siècle, nous en proposons une  maintenant pour faire revivre la nature en ville et ainsi développer des milieux de vie conviviaux, intimes et attractifs. Ceci est une question de santé publique, de développement économique et social.

Il s’agit donc de donner le ton dès les années 10 de notre millénaire pour une nouvelle manière de développer les territoires dans des villes, qui regrouperont plus de monde, plus âgés et plus conscients de la valeur de la biodiversité en ville.

En complément d'information, lire aussi

Commentaires sur le schéma d'aménagement et de développement de l'agglomération de Québec 2016-2040 : agencer les rythmes de vie collectifs et individuels par la prise en compte de la temporalité dans l'aménagement du territoire par Marie-Christine Boulanger, 9 juin 2016.

Contexte

Le 12 décembre 2015, Radio-Canada annonçait que la Conférence de Paris sur le climat venait d’en arriver à un accord final, un consensus en vertu duquel les pays représentés, dont le Canada, acceptaient de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Le Premier ministre du Québec, Philippe Couillard, était présent à cette conférence sur le climat et le Québec a fait valoir que le gouvernement du Québec était engagé à agir dans cette lutte aux changements climatiques.

En avril 2016, le Premier ministre du Canada s’est rendu à New-York pour signer l’Accord de Paris sur le climat, un geste symbolique  mais empreint d’une volonté de faire quelque chose pour réduire les gaz à effet de serre.

Accord de Paris.

Globalement, la volonté politique de réduire les gaz à effet de serre est indéniable.

Comment pouvons-nous alors transposer cette volonté en actions concrètes sur le terrain?

Depuis le schéma d’aménagement de 1985 (plus de 30 ans!), le savoir populaire a pivoté pour faire place à une conscience environnementale et sociale qui devrait inciter les auteurs du schéma d’aménagement à faire une place prépondérante à la qualité de vie des personnes et à la diversité des espèces vivantes.   

Le présent mémoire propose donc d’inscrire dans les grandes orientations du schéma d’aménagement de l’agglomération de Québec un axe directeur pour que l’adaptation des municipalités aux changements climatiques soit au coeur des interventions sur le territoire.

Le retour de la nature en ville

Nous apprenons des scientifiques et chercheurs universitaires qui viennent  à la rencontre des citoyens par leurs conférences grand public, que l’adaptation aux changements climatiques peut se prendre à petits morceaux, en améliorant la diversité des espèces vivantes sur leurs territoires, ce que nous interprétons dans notre langage profane par le retour de la nature en ville. Voir Changements climatiques et biodiversité du Québec. Vers un nouveau patrimoine naturel. Par Dominique Berteaux, avec la collaboration de Nicolas Casajus et Sylvie de Blois, 2014.

Cette amélioration de notre qualité de vie ainsi que de la qualité de l’air et de l’eau par le concours de la nature - création d’îlots de fraîcheur, de bassins naturels de rétention des eaux pluviales, de forêts urbaines et autres - est à notre portée. Nous serions donc habilités à partir des orientations que nous donnera  l’agglomération de répondre positivement à la volonté politique de réduire les gaz à effet de serre et d’agir localement, quartier par quartier, arrondissement par arrondissement, municipalité par municipalité, et participer à ce grand chantier mondial. Il en va de notre devoir, de notre responsabilité en tant que société.  

Ce que nous avons appris quant à l'importance de la biodiversité, de la connectivité entre les écosystèmes, de la protection des milieux humides et de la forêt urbaine, se retrouve dans des mesures et des actions à la carte  - que ce soit par des plans directeurs de l'eau, des plans d'action pour s’adapter aux changements climatiques et des plans de développement durable. Ces outils regroupent le savoir que nous avons dans l’agglomération et méritent d’être inscrits directement dans les grandes orientations du présent schéma d’aménagement.

Fil conducteur

Le fil conducteur de la révision du schéma d’aménagement proposé par l’Agglomération est basé sur le nombre de personnes et de ménages prévus d’ici les 25 prochaines années et son corollaire, la quantité d’immeubles à ériger pour répondre à ce besoin.  

Nous proposons plutôt un fil conducteur axé sur la personne et sur la diversité des espèces vivantes, sur la vie quoi, comme le déclarait l’ONU.

Tous les pôles prévus au schéma sont des pôles mixtes; les résidents devraient être la priorité dans les choix à faire en matière de développement de l’agglomération, des choix à faire pour améliorer la qualité de la vie.

Et cette qualité de vie a beaucoup à voir avec l’amélioration et le retour de la nature dans nos milieux de vie, avec des quartiers à échelle humaine, où les personnes seront les premières à être dessinées sur la table à dessin des architectes, pour savoir comment elles vivront, par où passeront-elles, comment se déplaceront-elles, comment auront-elles la liberté de vivre près de chez elles, auront-elles accès à des services de qualité près de chez elles, à des commerces de proximité, à des moyens de transports collectifs partout où elles auront fait le choix de résider. Une qualité de vie qui comptera autant pour les personnes âgées que pour la population active.

Et quand on aura fini de dessiner les gens, on dessinera la renaissance de la nature autour des plans d’eau, des arbres, des oiseaux et des pollinisateurs qui pourront vivre et collaborer à adoucir la vie, à nous nourrir, à se garder à l’ombre l’été et à pouvoir marcher dehors l’hiver.

Quand on aura fini tout cela, on pourra alors dessiner les grands et petits projets de développement car la brique, le mortier et les voitures, ça passe après la vie.

Et ça, nous l’avons appris des plus grands architectes de la planète, comme GEHL Architects, une expertise du Danemark. Leur approche est celle du développement à échelle humaine, le « Human Scale ». Ils en ont fait un film que nous vous recommandons. 

La valeur de la nature

Nous apprenons également des chercheurs que les services que nous rendent la nature, les services éco-systémiques, ont une valeur économique, monétaire, qui valent une fortune, ce qui permet d’évaluer les risques de perte et de prendre des décisions éclairées en aménagement du territoire. Voir les méthodes de calcul explicitées dans l’ouvrage Nature et économie : un regard sur les écosystèmes du Québec, sous la direction de Jérôme Dupras et de Jean-Pierre Revéret, 2015.

Une liste des services écologiques (289.65 Ko) comprend une cinquantaine de services éco-systémiques, sans lesquels notre qualité de vie serait sérieusement compromise et appauvrie.  Les bénéfices concrets issus des services écosystémiques sont les suivants :

  • sécurité civile;
  • habitat agréable;
  • santé physique et psychologique;
  • connaissances;
  • plaisirs;
  • déplacements;
  • gestion des déchets;
  • support aux productions agricole et forestière;
  • support aux productions manufacturière et biotechnologique.

L'ordre et le flux de la nature sont à imiter et à intégrer au plan économique, et l'innovation qui viendra de l'économie circulaire et de la gestion des déchets - en considérant les déchets comme des matières premières -  pourront redonner vie à la vie commerciale quartier par quartier, arrondissement par arrondissement, municipalité par municipalité. 

Vision

Finalement, nous ne proposons pas une révolution mais une renaissance : il faudra réinventer l’aménagement du territoire pour inclure des rapports entre les gens et la nature dès l’enfance car les jeunes sont perdus sans elle. C’est du moins ce que nous avons appris de François Cardinal, dans son ouvrage Perdus dans la nature, 2010.

Une renaissance pour faire émerger les créateurs, les innovateurs et les entrepreneurs; pour  les inspirer, pour concevoir un mode de vie en ville où l’aménagement du territoire aura été orienté par des décideurs du XXIe siècle, conscients de leur rôle de leader dans cette adaptation aux changements climatiques. Ces leaders devront nous amener, avec le concours de la nature, à améliorer comme jamais auparavant l’attrait des lieux où nous habitons, où nous faisons des affaires et du commerce et où une nouvelle forme d’économie émergera, comme l’économie circulaire. Une belle occasion de développement économique, politique et social en ce début de millénaire.

Quelques éléments de ces quartiers à échelle humaine qui pourront se retrouver au PMAD si le schéma d’aménagement en donne l’orientation nécessaire 

  • Des milieux sains, à l’abri de la pollution, où les industries lourdes n’ont pas leur place à proximité des résidences et où les voies ferrées ne transportent pas de produits dangereux près des milieux habités.
  • Des plans de mesures d’urgence et des mesures d’évacuation connus et intégrés dans les pratiques de tous les quartiers.
  • Un aménagement où on tient compte du temps, du rythme de vie des gens, de leur mode de vie et favorisant l’émergence de services publics près des modes de transport ou d’édifices avec des services publics (ex. garderies).
  • Des horaires de transport en commun intégrés non seulement dans l’agglomération mais aussi des agglomérations voisines (Lévis, tout particulièrement).
  • La renaissance des places publiques et des marchés publics à travers les divers quartiers.
  • Une nature luxuriante omniprésente dans chaque quartier, dut elle se retrouver sur les murs, les toits, en hauteur ou à étage.
  • Des cours d’eau à fleur de terre, dé-canalisés, un accès direct à l’eau pour des activités de loisir et de baignade l’été, que ce soit dans un ruisseau ou dans le fleuve Saint-Laurent, et des activités de glisse ou de pêche l’hiver sur ces grandes surfaces.
  • Des petits commerces et services de proximité bien en vue, le partage d'équipement du genre « fablab », des espaces privés et des espaces publics pour favoriser la mise en commun de biens et services.
  • La possibilité de transport actif partout, des rues partagées sécuritaires pour se déplacer à pied dans tous les quartiers de l’agglomération. Avoir accès à un mode de transport en commun ou collectif jusqu’au plus profond des banlieues.
  • Une densification douce: densifier de manière à rapprocher les gens dans certains quartiers et procéder à des aménagements pour en aérer certains autres, dans le respect des trames urbaines présentes.
  • Un patrimoine collectif à reconnaître et à mettre en valeur, accessible à tous.
  • Des terres à transformer en lieux de ressourcement et en parcs nourriciers, comme les grandes terres conventuelles, afin de favoriser la renaissance de l’agriculture en ville, un rappel de notre histoire, où l’autosuffisance était la norme à l’échelle locale et d’où provient notre « accent d'Amérique ».
  • Faire place à l’ensemble de notre panorama à partir du fleuve Saint-Laurent, partiellement obstrué par des équipements industriels.
  • Respecter et mettre en valeur les percées visuelles présentes dans une agglomération où la géologie et la géographie sont à étages, faire place à la vue sur les Laurentides et le fleuve Saint-Laurent, qu’on se trouve en haute-ville ou en basse-ville.  
  • Des services publics dans chaque quartier et des équipements pour les loisirs des enfants, des ados, des adultes et des aînés.
  • Une renaissance de nos terres agricoles en ville, avec de l'agroforesterie, de la permaculture, des parcs nourriciers et une gestion des terres agricoles de manière à rentabiliser les cultures et à assurer une autosuffisance alimentaire en ville.
  • Une relation avec l'agglomération à redéfinir, de manière à faire des grandes orientations et de la mise en oeuvre du schéma d'aménagement un grand chantier pour s'approprier, dans chaque quartier, l'expertise nécessaire pour contribuer à la réduction des GES.

Mesurer nos progrès

Nous aurons besoin de rendre des comptes. Nous aurons donc besoin d’une  orientation dans le schéma d’aménagement pour mesurer dans les années à venir l'impact d’une présence accrue de la nature en ville sur le pourcentage de réduction des gaz à effet de serre, et pour mesurer aussi l’état de santé des gens et des autres espèces vivantes sur notre territoire. 

Moyens d'y arriver

Un grand chantier pour mettre en commun les forces vives de la ville, mettant à contribution ceux et celles qui auront participé à cette consultation en vue de bonifier ce projet de schéma d’aménagement et qui pourront, avec les décideurs, jeter les bases de cette renaissance partout dans l’agglomération.

En guise de conclusion, nous proposons un test, comme à la Cour suprême

Test d’un territoire à échelle humaine et du retour de la nature en ville 

  • Un parent peut-il amener son enfant à la garderie le matin en ne faisant aucun détour pour se rendre au travail?
  • Un enfant a-t-il accès à la nature près de chez lui, à un endroit où il peut se cacher derrière un arbre?
  • Un ado a-t-il une place sécuritaire près de chez lui, près d’un espace naturel, pour aller jouer ou flâner avec ses amis au retour de l'école?
  • Un aîné peut-il se passer de voiture pour sortir et se rendre à l'épicerie, aller prendre un petit café ou rencontrer ses voisins dans un espace public naturel?
  • Un pollinisateur peut-il transiter d’un espace naturel à un autre partout sur le territoire?

Allez! Retroussons-nous tous les manches! Et mettons-nous en action!

Ce rapport constitue le texte fondateur d’un tout nouveau groupe, le Groupe aménagement du territoire, formé tout récemment, dans le cadre des activités du Collectif 55+ dont la mission est « de mettre à profit les connaissances et expériences des aînés, au moyen d’échanges stimulants et constructifs visant à favoriser la réflexion, le savoir et l’action autour d'enjeux de société. »

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Date de dernière mise à jour : 25/05/2017